Une étape de plaine « pour sprinteurs », plate, sans difficulté. Et pourtant, à l’arrivée, un favori a perdu deux minutes et peut-être le Tour. Le coupable ? Un vent de côté et le phénomène le plus redouté du peloton : la bordure.
Le mécanisme
Tout part de l’aspiration. Quand le vent vient de face, on s’abrite derrière le coureur précédent. Mais quand il vient de côté, l’abri se trouve en diagonale, décalé sur le côté opposé au vent. Les coureurs forment alors un éventail en travers de la route.
Problème : une route n’est large que de quelques mètres. L’éventail ne peut abriter que 10 à 15 coureurs. Le seizième n’a nulle part où se mettre : il roule dans le vent, à pleine puissance, jusqu’à craquer. Une cassure se forme. Puis une autre. En quelques kilomètres, le peloton est en morceaux.
Une arme, pas un accident
Les grandes équipes ne subissent pas les bordures : elles les provoquent. Elles repèrent à l’avance le virage où la route changera d’orientation face au vent, placent tout le monde devant, et accélèrent brutalement au moment précis où le vent devient traversant. Un favori mal placé à cet instant peut perdre le Tour sur une étape « plate ».
Le signe qui ne trompe pas : quand vous voyez toutes les équipes se battre pour rouler devant alors qu’il reste 80 km, regardez les drapeaux au bord de la route. Le peloton, lui, les a déjà vus.